Découvrez pourquoi les mentions obligatoires sur une facture vous donnent plus de confiance au quotidien.

Sommaire

Vous avez déjà reçu une facture incomplète et ressenti ce petit malaise, cette hésitation avant de payer ? Ce sentiment d’insécurité n’est pas anodin. Les mentions obligatoires sur une facture ne sont pas de simples formalités administratives inventées pour compliquer la vie des entrepreneurs. Elles sont la colonne vertébrale de chaque transaction commerciale, le socle sur lequel repose la confiance entre vendeur et acheteur. En France, leur absence peut coûter cher — jusqu’à 75 000 € d’amende pour une entreprise — mais leur présence, elle, vaut de l’or. Maîtriser ces mentions, c’est maîtriser votre image, votre sécurité juridique et vos relations clients.

Ce que dit vraiment la loi sur les mentions d’une facture

Le Code de commerce et le Code général des impôts encadrent strictement le contenu d’une facture. L’article L441-9 du Code de commerce liste les éléments indispensables que toute facture émise entre professionnels doit comporter. Ce n’est pas facultatif. Ce n’est pas une recommandation. C’est une obligation légale dont le non-respect expose l’émetteur à des sanctions administratives et fiscales sérieuses.

Concrètement, imaginez une PME qui facture 50 000 € de prestations à un client en décembre. Si la facture omet le numéro de TVA intracommunautaire ou le délai de paiement, le client peut contester la facture, retarder le règlement, et l’administration fiscale peut requalifier l’opération. Un simple oubli, des semaines de complications. La réalité des contrôles fiscaux est sans ambiguïté : les agents de la Direction générale des finances publiques vérifient systématiquement la conformité des factures lors des audits comptables.

La loi distingue également les factures entre professionnels (B2B) des factures émises vers des particuliers (B2C). Les exigences ne sont pas tout à fait identiques, mais dans les deux cas, un socle commun d’informations reste impératif. La transparence n’est pas une option dans le commerce français — c’est une règle du jeu.

Autre point souvent méconnu : la facture doit être émise dès la réalisation de la prestation ou de la livraison du bien. Pas dans huit jours. Pas « quand vous aurez le temps ». Immédiatement, ou au plus tard le 15 du mois suivant pour certaines opérations intracommunautaires. Ce timing fait partie intégrante des obligations légales et conditionne les droits à déduction de TVA de votre client.

Mention obligatoireType de transaction concernéSanction en cas d’absence
Numéro de facture unique et chronologiqueB2B et B2CAmende jusqu’à 75 000 €
Date d’émission de la factureB2B et B2CRedressement fiscal possible
Identité complète du vendeur et de l’acheteurB2B et B2CAmende fiscale
Numéro SIREN/SIRETB2BAmende jusqu’à 75 000 €
Numéro de TVA intracommunautaireB2B (TVA applicable)Rejet de déduction de TVA
Description précise des biens/servicesB2B et B2CLitige commercial et fiscal
Délais et conditions de paiementB2BAmende administrative
Exemple de facture avec toutes les mentions obligatoires sur une facture professionnelle française
Exemple de facture avec toutes les mentions obligatoires sur une facture professionnelle française

Les informations d’identification : la carte d’identité de votre facture

Toute facture commence par une présentation claire des deux parties. Du côté du vendeur : raison sociale complète, forme juridique (SARL, SAS, EI…), adresse du siège social, numéro SIREN ou SIRET, code APE/NAF, et numéro de TVA intracommunautaire si vous y êtes assujetti. Chaque information a son rôle. Le SIRET permet à votre client de vérifier votre existence légale sur le registre du commerce. Le numéro de TVA lui permet de récupérer la taxe en déduction.

Du côté de l’acheteur professionnel : même rigueur. Raison sociale, adresse, numéro de TVA si applicable. Omettre ces informations, c’est signer une facture anonyme. Aucun service comptable sérieux ne l’acceptera sans retour. Prenez l’exemple d’un graphiste freelance qui envoie une facture à une agence parisienne. Si le nom complet de l’agence est mal orthographié ou si l’adresse est celle d’une ancienne filiale, la comptabilité bloquera le paiement. Résultat : relances, tensions, retard de trésorerie.

Le numéro de facture mérite une attention particulière. Il doit être unique, séquentiel et chronologique. Vous ne pouvez pas sauter de numéros, en réutiliser, ou créer des séries parallèles au hasard. Un système simple : YYYY-MM-XXX (année, mois, numéro d’ordre). Ce numéro est votre référence absolue en cas de litige ou de contrôle. Gardez-le précieux.

La date d’émission est tout aussi critique. Elle détermine le point de départ du délai de paiement, la période comptable d’enregistrement, et les droits à déduction de TVA. Une facture sans date ou avec une date erronée crée une ambiguïté juridique que vous payerez tôt ou tard.

La description des prestations : ce qui donne de la valeur à votre travail

C’est peut-être la section la plus sous-estimée d’une facture. La désignation des biens ou services doit être suffisamment précise pour qu’un tiers puisse comprendre exactement ce qui a été vendu ou réalisé. « Prestation de services » seul ne suffit pas. « Développement d’un site web WordPress avec intégration de paiement en ligne — 40 heures à 75 €/h » : voilà une description qui parle.

Cette précision vous protège doublement. D’abord, elle réduit les risques de contestation : le client a signé un devis, la facture reprend exactement ce qui était prévu, aucune marge d’interprétation. Ensuite, elle facilite les contrôles fiscaux : l’administration comprend immédiatement la nature de la prestation et le taux de TVA applicable. Un artisan qui facture « travaux » sans préciser s’il s’agit de rénovation (taux réduit à 10 % ou 5,5 %) ou de construction neuve (20 %) s’expose à un redressement potentiellement coûteux.

Incluez aussi la quantité, le prix unitaire hors taxe, le taux de remise éventuel, et le montant total HT par ligne. La transparence ligne par ligne est votre meilleure alliée. Un client qui comprend chaque poste est un client qui paie sans hésiter. Et un client qui paie sans hésiter, c’est une trésorerie qui respire.

Erreur classique à éviter : copier-coller la même description vague sur toutes vos factures. « Honoraires du mois » ne décrit rien. Si votre client est audité, son comptable devra justifier cette dépense. S’il ne peut pas, il risque un redressement — et il ne vous remerciera pas.

Le schéma des montants : HT, TVA et TTC

La structure des montants sur une facture suit une logique précise que tout professionnel doit intégrer. Voici comment la visualiser :

Prix unitaire HTpar ligne de produitTotal HTsomme des lignesMontant TVAtaux applicableTotal TTCTotal HT + Montant TVACalcul finalStructure des montants obligatoires sur toute facture française assujettie à la TVAHT → application du taux de TVA → TTC = montant dû par le client

Cette structure en cascade — prix unitaire, total HT, montant de TVA, total TTC — est impérative sur toute facture soumise à la TVA. Chaque étape doit apparaître clairement, sans ambiguïté, pour permettre à votre client de comprendre exactement ce qu’il règle et pourquoi.

Les conditions de paiement : protégez votre trésorerie dès la facture

Un oubli fréquent et pourtant fondamental : les conditions de paiement doivent figurer explicitement sur la facture. La loi LME (Loi de Modernisation de l’Économie) impose un délai de paiement maximal de 60 jours nets à partir de la date de facturation, ou 45 jours fin de mois. Ces délais ne sont pas négociables à la hausse — sauf dérogations sectorielles très encadrées.

Indiquez donc clairement : la date d’échéance, les modalités acceptées (virement, chèque, prélèvement), et les conditions d’escompte si vous en offrez un pour paiement anticipé. Un escompte de 2 % pour règlement sous 10 jours peut sembler anodin, mais pour certains clients avec des contraintes de trésorerie, c’est un argument décisif. Et pour vous, être payé en 10 jours plutôt qu’en 45, ça change tout.

Mais surtout — et c’est là que beaucoup échouent — vous devez mentionner les pénalités de retard applicables en cas de non-paiement à l’échéance. Ce n’est pas une menace, c’est une obligation légale. Leur absence sur la facture ne vous empêche pas de les réclamer, mais elle affaiblit considérablement votre position en cas de litige. Un client qui voit clairement les conséquences d’un retard réfléchit à deux fois avant de repousser son règlement.

Pénalités de retard

Les pénalités de retard représentent l’un des mécanismes de protection les plus puissants du droit commercial français, et pourtant, elles sont systématiquement négligées par des milliers d’entrepreneurs. La loi est claire : dès le premier jour de retard après l’échéance, les pénalités courent automatiquement. Pas besoin de mise en demeure préalable. Pas besoin de relance formelle. Elles s’appliquent de plein droit, pour peu qu’elles soient mentionnées sur la facture.

Le taux minimum légal est fixé à trois fois le taux d’intérêt légal en vigueur, mais dans la pratique, beaucoup d’entreprises appliquent le taux de refinancement de la Banque Centrale Européenne majoré de 10 points. Vous devez aussi ajouter une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros par facture impayée — c’est obligatoire depuis la loi du 22 mars 2012. Pour consulter les taux d’intérêt légaux publiés par la Banque de France, vous pouvez accéder directement à leurs données officielles régulièrement mises à jour.

Pour tout savoir sur la rédaction correcte de cette clause et les mentions relatives aux pénalités de retard sur vos factures, un guide complet vous attend. Il détaille les formulations juridiquement valables, les erreurs de calcul les plus communes, et comment récupérer des créances en souffrance sans passer par un tribunal. Une lecture indispensable si vous souhaitez vraiment sécuriser vos encaissements.

ÉlémentObligation légaleExemple de formulation
Taux des pénalités de retardObligatoire sur toute facture B2B« Pénalités de retard : 3 fois le taux d’intérêt légal »
Indemnité forfaitaire de recouvrement40 € par facture impayée (loi 2012)« Indemnité forfaitaire de recouvrement : 40 € »
Date d’exigibilité des pénalitésDès le lendemain de la date d’échéance« Applicables dès le premier jour de retard »
Mode de calculPrécis et non ambigu« Calculées sur le montant TTC de la facture »

Mentions micro-entrepreneur

Le statut de micro-entrepreneur, anciennement auto-entrepreneur, est aujourd’hui emprunté par plus de deux millions d’actifs en France. Sa simplicité administrative est réelle. Mais elle ne dispense pas d’une rigueur absolue en matière de facturation. Au contraire, certaines spécificités propres à ce statut rendent la question des mentions obligatoires encore plus délicate à naviguer.

Le micro-entrepreneur bénéficiant de la franchise en base de TVA doit impérativement faire figurer sur ses factures la mention légale : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Cette phrase seule protège l’émetteur et informe le client qu’il ne récupérera pas de TVA — ce qui peut être un critère décisif pour un acheteur assujetti. Omettre cette mention, c’est s’exposer à une requalification fiscale, voire à un rappel de TVA que vous n’avez jamais collectée. Le montant HT doit être clairement indiqué, sans colonne TVA, sans ligne TTC distincte.

D’autres mentions spécifiques s’ajoutent selon l’activité : mention RCS et numéro d’immatriculation pour les activités commerciales, mention RM pour les artisans immatriculés au répertoire des métiers, numéro SIREN en toute circonstance. Pour maîtriser l’ensemble des mentions obligatoires spécifiques au statut de micro-entrepreneur, un guide dédié vous accompagne pas à pas avec des modèles de factures prêts à l’emploi.

Mentions client étranger

Vendre à un client basé hors de France, c’est entrer dans un univers de règles que beaucoup d’entrepreneurs français découvrent sur le tard — souvent lors d’un contrôle fiscal. La TVA intracommunautaire, les régimes d’autoliquidation, les règles d’exportation hors Union européenne : autant de mécanismes qui modifient profondément le contenu de vos factures.

Prenons un cas concret : une consultante lyonnaise facture une société basée à Berlin. Elle doit indiquer son numéro de TVA intracommunautaire français ET le numéro de TVA de son client allemand. La facture mentionne « autoliquidation » ou « TVA non applicable — article 283-1 du CGI » selon les cas. Le montant total est exprimé HT, car c’est le client allemand qui déclare et reverse la TVA dans son pays. Facturer avec TVA française dans ce cas serait une erreur coûteuse.

Pour les clients hors Union européenne — un exportateur vers le Maroc, par exemple — la facture doit mentionner l’exonération de TVA à l’exportation (article 262 du CGI), les incoterms utilisés si la livraison physique est impliquée, et parfois la devise étrangère avec le taux de change. Pour ne rien laisser au hasard et sécuriser vos transactions internationales, découvrez toutes les mentions spécifiques à inclure sur une facture destinée à un client étranger.

Artisan consultant sa facture numérique avec les mentions spécifiques obligatoires pour son statut
Artisan consultant sa facture numérique avec les mentions spécifiques obligatoires pour son statut

Mentions spécifiques artisan

L’artisan occupe une place particulière dans le paysage économique français. Menuisier, plombier, électricien, maçon, coiffeur, boucher : ces professionnels du savoir-faire manuel sont soumis à des obligations de facturation qui vont au-delà du socle commun. Et pour cause — leur activité touche souvent directement des particuliers, avec des enjeux de garantie, de TVA à taux réduit et de responsabilité décennale qui ont des conséquences juridiques majeures.

Un artisan du bâtiment qui réalise des travaux de rénovation doit mentionner sur sa facture le taux de TVA applicable (5,5 % ou 10 % selon la nature des travaux), l’attestation simplifiée fournie par le client confirmant que le logement a plus de deux ans, et si applicable, la mention relative à l’assurance décennale avec le numéro de contrat et l’assureur. Ces éléments ne sont pas optionnels. Leur absence peut entraîner un redressement fiscal sur le différentiel de TVA entre le taux réduit appliqué et le taux normal de 20 %.

Les artisans immatriculés au répertoire des métiers doivent également faire figurer la mention RM suivie du numéro de département, la qualification professionnelle obtenue (Meilleur Ouvrier de France, titre professionnel, etc.) si elle est mise en avant commercialement, et l’adresse de la chambre de métiers compétente. Pour ne manquer aucune de ces obligations et sécuriser chaque chantier sur le plan administratif, consultez notre guide complet sur les mentions obligatoires spécifiques à la facture d’artisan.

Type d’artisanMentions spécifiques requisesTVA applicable
Artisan du bâtiment (rénovation)Attestation TVA réduite, assurance décennale, RM5,5 % ou 10 %
Artisan du bâtiment (construction neuve)Assurance décennale, garantie de parfait achèvement, RM20 %
Artisan alimentaire (boucher, boulanger)SIREN, RM, hygiène alimentaire si applicable5,5 % (produits alimentaires)
Artisan prestataire de services (coiffeur)SIREN, RM, qualification professionnelle20 %

La numérotation et l’archivage : des obligations souvent oubliées

On parle beaucoup du contenu des factures, moins de leur gestion dans le temps. Et pourtant, l’obligation d’archivage est tout aussi contraignante. Une facture doit être conservée pendant 10 ans à compter de la clôture de l’exercice comptable. Dix ans. Que vous soyez en papier ou en dématérialisé, cette durée est non négociable.

La facturation électronique apporte ses propres règles. Pour qu’une facture numérique ait la même valeur probatoire qu’une facture papier, elle doit garantir l’authenticité de son origine, l’intégrité de son contenu et sa lisibilité dans le temps. Trois méthodes sont acceptées par l’administration : la signature électronique qualifiée, l’EDI fiscal (échange de données informatisé), ou la piste d’audit fiable — un ensemble de contrôles documentés traçant le parcours de la facture de la création au paiement.

Avec la réforme de la facturation électronique obligatoire en France, les entreprises assujetties à la TVA devront progressivement basculer vers des plateformes certifiées (PDP ou PPF). Les grandes entreprises sont déjà concernées, et le calendrier s’étend aux PME et micro-entreprises dans les années à venir. Se préparer maintenant, c’est éviter la précipitation et les erreurs de conformité.

Une erreur fréquente : supprimer ou modifier une facture déjà émise. C’est interdit. Si vous devez corriger une facture, vous devez émettre un avoir (note de crédit) ou une facture rectificative. Jamais réécrire l’original. Cette règle protège l’intégrité de votre comptabilité et empêche toute suspicion de fraude lors d’un contrôle.

La facturation dématérialisée : comment rester conforme à l’ère numérique

Les outils de facturation en ligne ont explosé ces dernières années. Pennylane, Evoliz, Facture.net, QuickBooks, Sage, Indy — le marché regorge de solutions. Mais attention : un outil numérique ne garantit pas automatiquement la conformité de vos factures. C’est vous, l’émetteur, qui êtes responsable du contenu.

Avant de choisir un logiciel de facturation, vérifiez qu’il intègre bien toutes les mentions légales obligatoires dans ses modèles par défaut. Qu’il numérotation automatiquement et séquentiellement vos factures. Qu’il calcule correctement la TVA selon les taux applicables. Et qu’il archive vos documents dans un format pérenne (PDF/A, par exemple) garantissant leur lisibilité dans dix ans.

La dématérialisation offre aussi des avantages concrets : envoi instantané, suivi des ouvertures, relances automatisées, export comptable direct. Une facture envoyée par email avec accusé de lecture est plus difficile à contester qu’un courrier postal. Et un système qui relance automatiquement à J+5, J+15 et J+30 après l’échéance récupère en moyenne 30 % de créances supplémentaires selon plusieurs études sectorielles.

Mais la dématérialisation ne dispense pas de rigueur. Un modèle de facture pré-rempli avec votre SIRET incorrect, un taux de TVA figé à 20 % alors que votre activité relève d’un taux réduit, ou une ligne de pénalités de retard absente du template : ces erreurs se répètent sur chaque facture si vous ne les corrigez pas à la source. Auditez votre modèle de facture au moins une fois par an.

Deux professionnels scellant un accord commercial grâce à une facture conforme et complète
Deux professionnels scellant un accord commercial grâce à une facture conforme et complète

Pourquoi la conformité de vos factures renforce votre réputation professionnelle

Une facture conforme, c’est un signal fort envoyé à votre client : vous savez ce que vous faites, vous respectez les règles, vous êtes quelqu’un à qui on peut faire confiance. Dans un contexte où la méfiance envers les prestataires est réelle — arnaques, devis abusifs, travaux mal exécutés — une documentation irréprochable vous démarque immédiatement.

Imaginez deux artisans qui vous remettent un devis. Le premier vous envoie un PDF générique avec juste son prénom, un total à payer et un numéro de téléphone. Le second vous remet une facture avec son SIRET, son assurance décennale mentionnée, le détail de chaque prestation, le taux de TVA justifié, les conditions de règlement et les pénalités en cas de retard. Lequel inspire confiance ? La réponse est évidente.

Cette rigueur administrative traduit également une rigueur opérationnelle. Un entrepreneur qui maîtrise ses obligations légales maîtrise son métier. C’est un raccourci cognitif que font naturellement vos clients — et il joue en votre faveur si vos factures sont impeccables.

Pour les donneurs d’ordre publics et les grands comptes privés, la conformité documentaire est souvent un critère éliminatoire dans les appels d’offres. Une facture incorrecte peut bloquer le règlement pendant des semaines dans les circuits de validation des grandes entreprises. Les services achats ne font pas de cadeaux. Soyez irréprochable dès le premier document.

Les erreurs les plus coûteuses et comment les éviter définitivement

Les erreurs de facturation se classent en deux catégories : celles qui coûtent de l’argent immédiatement (pénalités fiscales, retards de paiement) et celles qui coûtent du temps et de l’énergie (litiges, corrections, refacturation). Les deux sont évitables avec une checklist rigoureuse.

Erreur n°1 : la numérotation discontinue. Passer de la facture 2024-045 à la 2024-047 sans émettre de 2024-046 alerte immédiatement un vérificateur fiscal. Expliquez-vous ou évitez simplement le problème en utilisant un logiciel qui génère les numéros automatiquement.

Erreur n°2 : oublier la mention d’exonération de TVA. Que vous soyez micro-entrepreneur en franchise, que vous facturies un client européen en autoliquidation, ou que votre prestation soit exonérée par nature (formation professionnelle, certaines activités médicales), la mention légale correspondante doit figurer explicitement. Sans elle, votre facture est ambiguë et expose les deux parties.

Erreur n°3 : les conditions de paiement vagues. « Paiement à réception » ne veut rien dire juridiquement. Précisez toujours une date ou un délai chiffré. « Paiement sous 30 jours à compter de la date de facture, soit avant le [date calculée] » est une formulation béton. Elle ne laisse aucune place au malentendu.

Erreur n°4 : ne pas adapter la facture à la réglementation sectorielle. Un avocat, un médecin, un agent immobilier, un expert-comptable — chaque profession réglementée a ses propres obligations d’affichage (honoraires, barème, numéro d’ordre professionnel). Se contenter du socle général légal n’est pas suffisant dans ces cas.

Erreur n°5 : sous-estimer les obligations lors d’une modification de statut. Vous passez de micro-entrepreneur à EURL ? Votre SIRET change, votre régime TVA change, peut-être votre adresse aussi. Toutes vos factures doivent refléter immédiatement ces changements. Continuer à émettre des factures avec votre ancienne identité juridique est une irrégularité grave. L’administration fiscale française dispose d’outils de croisement de données très efficaces pour détecter ces incohérences.

Comment construire une facture parfaite : la checklist de référence

Vous avez assimilé les grands principes. Passons maintenant à l’opérationnel. Voici la séquence exacte pour créer une facture conforme, à chaque fois, sans oubli.

Avant d’émettre : vérifiez que le bon de commande ou le devis signé correspond exactement à ce que vous allez facturer. Identifiez le régime TVA applicable à cette prestation spécifique. Confirmez les coordonnées complètes et actuelles de votre client — un simple déménagement de siège social peut rendre votre facture irrecevable en comptabilité.

Au moment de rédiger : numéro séquentiel unique, date du jour, identité complète des deux parties, description précise ligne par ligne, quantités, prix unitaires HT, taux de remise, sous-total HT, taux et montant de TVA, total TTC, conditions de paiement avec date d’échéance précise, taux de pénalités de retard, indemnité forfaitaire de 40 €. Si applicable : mention d’exonération TVA, numéro TVA intracommunautaire du client, assurance décennale, mention de franchise en base.

Après émission : archivez immédiatement dans votre système de gestion, enregistrez en comptabilité, programmez une relance automatique si pas de paiement sous 5 jours après l’échéance. Ne modifiez jamais la facture une fois envoyée. Si erreur, émettez un avoir et une nouvelle facture corrigée.

Cette discipline, appliquée systématiquement, transforme votre gestion administrative en routine fluide. Elle élimine le stress des impayés, réduit les frictions avec les clients, et vous offre une tranquillité d’esprit qui vaut largement les quelques minutes investies sur chaque document. Les mentions obligatoires sur une facture ne sont pas un fardeau — elles sont le fondement d’une activité professionnelle solide, respectée et pérenne.

Questions fréquemment posées

Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture entre professionnels en France ?

Une facture B2B doit obligatoirement comporter : la date d’émission, un numéro unique et séquentiel, l’identité complète du vendeur et de l’acheteur (raison sociale, adresse, SIRET), le numéro de TVA intracommunautaire si applicable, la description précise des biens ou services, les quantités et prix unitaires HT, le taux et montant de TVA, le total TTC, les conditions de paiement avec date d’échéance, le taux des pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.

Quelles sont les conséquences d’une facture incomplète ou incorrecte ?

Les sanctions peuvent être sévères : amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne morale, rejet du droit à déduction de TVA pour votre client, redressement fiscal lors d’un contrôle, voire litiges commerciaux si les conditions de paiement sont absentes ou ambiguës. Une facture incomplète affaiblit aussi votre position en cas de recouvrement judiciaire d’une créance impayée.

Un micro-entrepreneur est-il obligé d’émettre des factures avec les mêmes mentions qu’une société ?

Le micro-entrepreneur est soumis à la plupart des obligations communes, mais avec des spécificités. Il doit notamment mentionner la phrase « TVA non applicable, article 293 B du CGI » s’il bénéficie de la franchise en base de TVA, indiquer son numéro SIREN, et si artisan, ajouter la mention RM. Il n’est pas tenu d’indiquer un numéro de TVA intracommunautaire tant qu’il reste en franchise, mais doit veiller à la conformité de toutes les autres mentions.

Comment calculer les pénalités de retard sur une facture impayée ?

Les pénalités de retard se calculent en appliquant le taux convenu (au minimum 3 fois le taux d’intérêt légal) sur le montant TTC de la facture impayée, prorata temporis dès le premier jour suivant la date d’échéance. Exemple : facture de 10 000 € TTC, taux de 10 %, retard de 30 jours → 10 000 × 10 % × (30/365) ≈ 82 €. À cela s’ajoute l’indemnité forfaitaire obligatoire de 40 € par facture impayée.

Faut-il des mentions différentes sur une facture adressée à un client dans un autre pays de l’Union européenne ?

Oui. Pour un client professionnel assujetti à la TVA dans un autre État membre de l’UE, vous devez faire apparaître votre numéro de TVA intracommunautaire, celui de votre client, la mention « autoliquidation » (ou son équivalent dans la langue du contrat), et facturer hors TVA. Le montant total est donc exprimé en HT uniquement, car c’est le client étranger qui déclare et reverse la TVA dans son pays selon le mécanisme d’autoliquidation.

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